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Dernier livre paru

Parution : avril 2021

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Extrait

Presse


Rituaire

Présentation de l'éditeur

          Je suis ton frère lombard, l’avorton du diable. Rappelle-toi ce qu’on oublie : j’étais à tes côtés dans le sein maternel. Tu as sucé mon sang, tu as tété ma vie, recrachant dans mes veines ton pus et tes sanies. Et je t’aimais, pourtant, comme un frère ignoré. Je suis ton double d’ombre, ton frère des lombes, moisissure poussée au ventre nourricier. Je te regarde et tu es beau, mon frère, tu es beau d’être né en me recrachant comme un noyau de lychee, pur comme le jus du raisin délivré de son marc, tu rayonnes comme un Christ débarrassé de Judas.

          Dans ce livre il y a des clefs.
          Le mythe du Frère lombard, d'abord, ce faux jumeau qui est à la fois notre double et notre être inversé.
          Le Jour du dépassement, ensuite, ce Nouvel An cannibale qui arrête à une date précise du calendrier le jour où l'être humain et ses activités ont épuisé les ressources renouvelables de l'année en cours de la planète Terre.
          Puis il y a Jarry, Tintin, la Bible, des éléments de la Cabale... et un singe qui rote quand on évoque Dieu et pète quand on parle d'amour...
          Ces clefs ouvrent une à une et en parallèle à la fois des portes. Sur quoi donnent ces portes ?
          Sur un labyrinthe.
          Celui qui pourrait être le dédale de toute existence.
          Dont la nôtre.
          Antoine et David. David et Antoine. Frères lombards, l'un dans la lumière, l'autre dans l'ombre. Oui. Mais lequel ?

Extrait

          En fait de chambre, c’est dans une autre bibliothèque que David est introduit. Une pièce tout en largeur, apparemment, mais dont les rayonnages sont articulés autour de fines colonnes situées de part et d’autre du mur. Lorsqu’on les fait pivoter, ils en révèlent d’autres, puis d’autres, à l’infini ! On tourne les rayons comme les pages de deux livres ouverts jusqu’au plafond. Au fur et à mesure qu’on feuillette ces pages gigantesques, garnies de livres de part et d’autre, la chambre change de perspective et devient un long couloir, au bout duquel un dernier pan, peint de livres en trompe-l’œil, bascule pour révéler un lit. Le papier de l’alcôve porte lui-même de fausses reliures, les draps et les couvertures sont imprimés de motifs similaires et sur le plafond, un artifice du même tonneau semble multiplier à l’infini cette bonbonnière de Babel, dont l’hôte serait la dragée.
          David n’a plus la force de protester qu’il ne pourra fermer l’œil dans cette pièce décorée de livres aiguisés comme des dents pour le dévorer. Lui qui, quelques instants auparavant, se fût déclaré prêt à combler les lacunes de son éducation littéraire, découvre en un coup d’œil que les sept vies d’un chat ne suffiraient jamais à en redresser un seul pan. « Pourquoi n’y a-t-il pas un livre qui résume tous les autres ? », se plaint-il à lui-même.
          « Chaque livre résume tous les autres, répond son hôte, excepté, bien sûr, les encyclopédies et les anthologies. Prenez-en un au hasard. Vous verrez. »
          Il disparaît. David étend la main et tire, au hasard comme convenu, un mémoire dactylographié sur carbone, soutenu avant l’invention de la photocopie, qui dépasse du rayonnage. Il n’est pas surpris du titre, Les frères lombards. « Voilà ce que j’étais venu chercher, se dit-il. Je vais pouvoir rentrer. »

Presse

Serge Cabrol dans Encres vagabondes juin 2021
Pierre Maury dans Le Soir 3 juillet 2021
Christine Bini dans La lectrice à l'œuvre, 4 juillet 2021
Véronique Bergen, dans Le Carnet et les Instants, 30 août 2021.




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